DIPLOMATIE : Le « Pari Fitula » pour la Francophonie


Le professeur Fitula vient d’être officiellement désigné candidat de la République Démocratique du Congo au poste de Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Au-delà de l’annonce de prestige, Agora News Hebdo décrypte les ressorts tactiques de ce choix.

1. L’Agenda Caché : Pourquoi maintenant ?

La désignation du Professeur Fitula ne relève pas du hasard calendaire. Alors que la RDC réévalue régulièrement son rapport à l’OIF (souvent jugée trop timorée sur la crise à l’Est), Kinshasa change de fusil d’épaule. En envoyant un profil académique de haut vol plutôt qu’un diplomate de carrière, le pouvoir congolais veut intellectualiser son plaidoyer. L’objectif est clair : reprendre l’initiative au sein d’une organisation où l’influence rwandaise a longtemps été prédominante.

2. Le Signal : À qui s’adresse ce choix ?

  • À l’international (Paris et l’OIF) : Le signal est celui de la compétence. Le profil « Professeur » impose le respect et rend difficile toute contestation basée sur de simples critères techniques. C’est une candidature de « poids lourd » qui oblige l’OIF à prendre le Congo au sérieux.
  • En interne (RDC) : C’est un message envoyé à l’élite intellectuelle congolaise. En promouvant l’un des leurs, le sommet de l’État montre que la « diplomatie des idées » est la nouvelle priorité.

3. L’Équilibre des Forces à Kinshasa

Cette nomination agit comme un stabilisateur. Elle permet de projeter une image d’unité nationale derrière une figure qui fait consensus par son savoir. Pour le cabinet présidentiel, c’est aussi une manière de déléguer la « bataille de l’image » à un expert capable de naviguer dans les cercles d’influence parisiens et africains sans traîner de boulets politiques partisans.

4. Verdict : Coup de génie ou risque calculé ?

C’est un coup de génie diplomatique, mais un risque politique. * Le génie : Faire de la RDC — premier pays francophone au monde par sa population — le centre de gravité naturel de l’OIF par le mérite intellectuel.

  • Le risque : Si la candidature se heurte à des blocages géopolitiques (lobbying adverse), l’échec pourrait être ressenti comme un affront personnel pour l’élite congolaise.

Le pronostic d’Agora : Fitula dispose d’un boulevard intellectuel, mais sa victoire dépendra moins de son CV que de la capacité de la diplomatie congolaise à transformer son prestige en votes sonnants et trébuchants.


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